Corrigé Bac Sujet bac – Annale SES – 2025 jour 2 – Centre étranger Asie – Corrigé – Épreuve composée
Sujet bac : annale – centre étranger Asie – jour 2 – 2025
SESSION 2025 – centre étranger Asie – jour 2
SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
Durée de l’épreuve : 4 heures
L’usage de la calculatrice et du dictionnaire n’est pas autorisé.
Épreuve composée |
Mobilisation des connaissances (4 points)
- Vous devez rédiger une réponse courte mais complète (8 à 12 lignes).
- Vous devez mobiliser les notions exactes du programme et les définir correctement (ex. : le marché unique, les barrières douanières et réglementaires et la libre circulation des capitaux et des travailleurs).
- Vous devez donner un exemple concret (statistique, politique, mécanisme économique, etc.) car le paragraphe doit être idéalement rédigé selon la méthode AEI : j’Affirme (énoncer une idée), j’Explicite (détailler cette idée) et j’Illustre (par des exemples).
Le marché unique européen a été mis en place en 1993 : il a pour but d’assurer la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes au sein de l’Union européenne.
L’un de ses effets est de stimuler la croissance économique grâce à une meilleure allocation des ressources et à la concurrence accrue entre les entreprises.
En effet, en supprimant les barrières douanières et réglementaires, les entreprises européennes bénéficient d’un marché élargi de plus de 400 millions de consommateurs : elles ont ainsi accès à une plus vaste clientèle potentielle. Cela permet aux entreprises de réaliser des économies d’échelle, c’est-à-dire une baisse du coût moyen de production quand la production augmente, et ceci va venir favoriser leur compétitivité, et augmenter leurs profits, ce qui leur permettra de réaliser plus d’investissements.
De plus, la libre circulation des capitaux et des travailleurs favorise l’innovation et la productivité. Enfin, la concurrence entre entreprises pousse à l’amélioration de la qualité des biens et services.
Ainsi, le marché unique contribue à accroître le PIB de l’Union européenne en renforçant la productivité et la compétitivité globale de ses entreprises.
Étude d’un document (6 points)
- Pensez à bien présenter le document dans votre réponse à la première question.
- Proposez une analyse rigoureuse des données : il faut citer les chiffres, repérer les évolutions, comparer. Il est important d’intégrer une comparaison ou analyse avec un calcul du type taux de variation, écart en points de pourcentage… pour montrer que vous maîtrisez l’analyse.
- Avancez une explication économique ou sociale claire, en faisant attention de ne pas juste réciter le cours.
- Veillez à structurer votre raisonnement et à relier le document et vos connaissances.
QUESTION 1 (2 points)
Le document présenté est un graphique de l’INSEE présentant l’évolution du taux de croissance du PIB (en %) et du taux de chômage (en %) en France (hors Mayotte) entre 2008 et 2019.
Selon l’INSEE, en 2008, on peut constater que le taux de croissance du PIB était d’environ 0,5 % et le taux de chômage était d’environ 7,5 %. La France a donc connu une forte baisse de la croissance du PIB à cause de la crise financière mondiale (crise des subprimes), ce qui se traduit par une hausse nette du taux de chômage en parallèle.
Selon l’INSEE, en 2019, on peut observer qu’avant la crise du Covid-19, la croissance est redevenue positive. En effet, le taux de croissance du PIB s’est stabilisé aux alentours de 2 % et le taux de chômage, après avoir fortement augmenté, avait diminué pour s’établir à environ 8,4 %.
Les tendance des deux courbes (croissance et chômage) sont donc dans des dynamiques inverses si l’on compare la situation durant l’année 2008 et celle au début de l’année 2019.
Cette lecture nous permet ainsi de mettre en lumière une relation forte entre croissance et chômage.
QUESTION 2 (4 points)
Pensez à bien rappeler les notions clés de la question en montrant que vous en maitriser le sens :
- chômage conjoncturel = lié à la situation de la croissance économique à un moment T ;
- fluctuations (économiques) = variations hautes et basses du taux de croissance économique.
Les fluctuations économiques correspondent aux variations du rythme de la croissance : ainsi, on peut constater une certaine alternance entre les phases d’expansion (augmentation de la croissance économique) et de récession (baisse de la croissance économique).
En phase d’expansion, la demande globale augmente (consommation, investissement, exportations). Les entreprises produisent donc davantage, ce qui entraîne une hausse des embauches afin d’assurer la production de volumes plus importants : le chômage conjoncturel est amené à baisser. Par exemple ici, de 2012 à 2019, nous pouvons noter une phase d’expansion et une tendance globale à la baisse du taux de chômage.
En phase de récession, la demande globale diminue. Les entreprises réduisent alors leur production et sont amenées à licencier, car en diminuant la production, elles font moins de profit et ne peuvent donc plus payer la totalité de leurs employés : le chômage conjoncturel est donc amené à augmenter. Par exemple ici, de 2008 à 2009, la phase de forte récession a entraîné une augmentation du taux de chômage.
Cette relation entre croissance est chômage répond au principe selon lequel une croissance supérieure à la croissance potentielle réduit le chômage, et inversement. Ainsi, le chômage conjoncturel dépend directement du niveau d’activité économique d’un pays : plus il y a de croissance, moins il y a de chômage et inversement.
Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points)
- Vous devez faire une rédaction structurée : introduction, développement organisé (en 2 ou 3 parties) et une conclusion, même si cela doit être évidemment moins long qu’une dissertation.
- Pensez à définir en introduction les termes clés du sujet. Ici, il s’agit de définir clairement le concept de mobilité sociale. Il faut donc en donner une définition générale, mais aussi penser à en décrire les différentes formes (mobilité intergénérationnelle/intragénérationnelle ; mobilité horizontale/verticale) pour bien présenter les différentes réalités que ce concept permet d’étudier. Cela vous permettra d’ailleurs de montrer que vous savez intégrer et mobiliser à bon escient des connaissances précises et du vocabulaire étudié en SES.
- Pensez à exploiter intelligemment les documents (le but n’est pas d’en faire un simple résumé).
- Votre argumentation doit être logique : chaque idée doit être justifiée. Elle peut être présentée sous la forme d’un paragraphe AEI.
Pour vous aider à visualiser le corrigé, nous allons mettre des titres aux parties du développement, toutefois, ceux-ci ne sont pas forcément à noter le jour de l’épreuve.
La mobilité sociale désigne le changement de catégorie sociale d’un individu (ou d’un groupe d’individus) par rapport à celle de ses parents (mobilité intergénérationnelle) ou au fil de sa propre carrière (mobilité intragénérationnelle). Cette mobilité peut alors être horizontale, à savoir qu’elle n’entraine pas de changement de position dans la hiérarchie sociale, ou bien verticale, et donc impliquer un changement de position sociale vers le haut ou vers le bas. Lorsqu’elle s’effectue vers le haut, on parle de mobilité ascendante (ou promotion sociale), tandis que lorsqu’elle s’effectue vers le bas, on parle de mobilité descendante. Quelle que soit la forme qu’elle prenne, la mobilité sociale se mesure souvent à partir de l’étude des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS).
Dans les sociétés démocratiques comme la France, la mobilité sociale est un enjeu de justice sociale et d’égalité des chances : le hasard de la naissance (le milieu social et la famille dans laquelle on naît) ne doit idéalement pas déterminer la position d’un individu dans la société et dans le monde du travail.
On peut alors se demander quels sont les principaux facteurs qui expliquent la mobilité sociale.
Nous verrons que les transformations de la société agissent sur la mobilité, puis que l’école joue également un rôle central et, pour finir, que la mobilité dépend aussi de trajectoires individuelles.
- Les transformations structurelles de la société favorisent certaines mobilités
La mobilité structurelle est liée aux modifications de la structure socio-économique et à l’évolution des emplois disponibles dans les différents secteurs. En effet, avec le temps, ou encore les évolutions technologiques, les secteurs d’emplois sont amenés à évoluer : certains se développent au profit d’autres. La structure de la société influe donc directement sur la mobilité.
Ainsi, depuis la fin des Trente Glorieuses, les phénomènes de désindustrialisation et de tertiairisation ont parfois eu tendance à entraîner une assez forte mobilité ascendante pour les enfants d’ouvriers qui sont devenus employés ou cadres.
Aujourd’hui, la structure sociale est plus stable, donc cette part de la mobilité, appelée « mobilité structurelle », est plus faible. Cela signifie que la mobilité s’explique de moins en moins par les changements dans la structure des emplois.
En effet, selon l’INSEE, comme on peut le voir dans le document 1, entre 1977 et 2015, la mobilité sociale observée reste élevée : elle est d’environ 65 %. Cependant, la part de la mobilité structurelle diminue, passant ainsi de de 39,6 % en 1977 à 24,2 % en 2015, soit un écart de 15,4 points de pourcentage.
- Le rôle central de l’école dans la mobilité sociale
L’école est censée être un outil majeur de l’ascension sociale, car elle doit permettre à chacun, en théorie, de réussir selon son mérite (principe de la méritocratie), et non en fonction de son origine sociale. Au XXe siècle, la massification scolaire, qui désigne le phénomène d’un accès plus important à l’enseignement secondaire et supérieur, a ainsi permis une certaine mobilité ascendante pour les différentes catégories socio-pressionnelles.
Mais l’école a tout de même tendance à reproduire certaines inégalités culturelles et sociales. Selon Bourdieu et Passeron, le capital culturel (ex. : la maîtrise de la langue et des arts, les références, les savoirs transmis…) des familles favorise la réussite des enfants des classes supérieures, car le capital culturel de ces dernières est proche du capital culturel véhiculé par l’école (moins d’effort d’adaptation à un capital culturel nouveau).
Il est utile d’appuyer votre propos en citant le travail d’économistes ou de sociologues qui ont travaillé en profondeur sur le sujet. Ici, sur la mobilité sociale et le rôle de l’école, Pierre Bourdieu est une référence importante.
Selon, l’enquête « Formation et qualification professionnelle » de l’INSEE (2014-2015) présentée dans le document 2, on observe une corrélation forte entre le niveau de diplôme des parents et celui des enfants.
Les enfants de parents diplômés du supérieur obtiennent eux-mêmes beaucoup plus souvent un diplôme supérieur, tandis que ceux dont les parents ont peu de diplômes restent souvent peu qualifiés. En effet, 23,2 % des enfants ayant un père cadre, profession intellectuelle supérieure ou profession intermédiaire, détiennent un diplôme de bac +5 ou plus, contre seulement 4,8 % des enfants de parents n’ayant pas de diplôme au-delà du certificat d’études primaires ou du brevet des collèges. Les enfants de cadres sont environ 4,8 fois plus nombreux que les enfants de non-diplômés à avoir un niveau de diplôme supérieur ou égal à un bac +5.
- Les trajectoires individuelles et familiales : entre héritage et opportunités
La mobilité sociale peut aussi dépendre de facteurs plus individuels et de caractéristiques personnelles, telles que l’ambition, la confiance en soi, la persévérance, le contexte familial, le soutien des parents, etc. Les politiques publiques mises en œuvre (les bourses, la démocratisation scolaire, l’accès à l’emploi des femmes…) jouent aussi un rôle dans l’élargissement des opportunités qui se présentent aux individus et qu’ils peuvent ainsi saisir. En outre, des freins continuent de persister, souvent en lien avec le facteur économique. On peut citer la reproduction sociale, la ségrégation scolaire ou encore les inégalités territoriales…
Dans le document 3, issu d’Actes de la recherche en sciences sociales en 2010, le parcours de Clémence illustre une mobilité ascendante au sein d’une famille populaire rurale.
Grâce à la réussite scolaire et en particulier un accès à l’enseignement supérieur, plusieurs membres de la fratrie ont pu accéder à des professions plus qualifiées, contrairement à leurs cousins. Cet exemple nous montre que la mobilité ascendante existe et qu’elle peut dépendre d’un grand nombre de facteurs, qu’ils soient individuels ou collectifs.
Une fois, votre développement terminé, rédigez une courte conclusion en faisant un bilan de ce que vous avez énoncé dans votre développement.
Une ouverture peut être envisagée sur un sujet en lien avec la mobilité sociale ou sur ou un questionnement plus profond. Pour cela, vous pouvez partir d’un fait d’actualité par exemple, ou même d’un document, comme c’est le cas dans la conclusion proposée ci-après.
En conclusion, la mobilité sociale résulte d’un ensemble de facteurs, comme les transformations structurelles de l’emploi et de la société, le rôle de l’école et des politiques publiques, ou encore les trajectoires et choix individuels.
Même si la mobilité ascendante a progressé un temps, notamment du fait des effets combinés de la démocratisation des études et d’une certaine mobilité structurelle (exemple : tertiarisation de l’économie), nous pouvons constater que la mobilité sociale tend à ralentir depuis la fin du XXe siècle : les inégalités d’origine sociale persistent, ce qui a pour effet de limiter l’égalité réelle des chances.
Ainsi, si la mobilité sociale parait toujours asse forte aujourd’hui, cela ne traduit pas forcément une réalité positive. En effet, les chiffres démontrent une réalité plus complexe : si l’on reprend les données fournies par le document 2, on s’aperçoit par exemple que la mobilité verticale à certes plutôt augmenté entre les années 1970 et 2015, mais la mobilité ascendante s’est réduite depuis le début des années 2000, et la mobilité descendante a quant à elle fortement augmenté (elle a doublé entre 1977 et 2015). Des freins persistent donc quant à une mobilité sociale optimale (reproduction sociale, ségrégation scolaire, inégalités territoriales, etc.), ce qui peut nous amener à nous demander quelles solutions pourraient-être mise en place à l’avenir afin d’améliorer la mobilité sociale et lutter contre ses freins.