Fiche de révision Promouvoir l'égalité femmes-hommes

Un monde organisé et dominé par les hommes ?

  • On observe des progrès dans certains domaines depuis les années 60 (les femmes sont davantage présentes qu'avant à l'université et sur le marché du travail ) mais les inégalités entre les femmes et les hommes persistent.
  • Il y a plus de discriminations sexistes en France que dans d'autres pays au niveau de développement comparable.

Des inégalités dans le monde de l’entreprise

  • Une femme gagne en moyenne 23,4 % de moins qu'un homme à expérience et compétences égales.
  • Les femmes sont trois fois plus nombreuses que les hommes à exercer un emploi à temps partiel (notamment pour s'occuper des enfants).
  • Certains métiers restent très genrés, par exemple :
  • 91 % des aides-soignants et 96 % des secrétaires sont des femmes ;
  • 80 % des chefs d’entreprise et des 76 % des travailleurs dans le domaine du numérique sont des hommes.

Des hommes plus présents dans la vie politique

  • Les femmes restent minoritaires dans les institutions.
  • En 2024, 36,1 % des députés et 32 % des sénateurs sont des femmes.
  • La France est 43ᵉ au classement mondial de la parité au parlement (sur 195 pays).
  • Seulement 5 régions sur 18 sont dirigées par des femmes.

Le poids des stéréotypes et des préjugés

  • Les inégalités entre les femmes et les hommes s’expliquent en partie par des stéréotypes et des préjugés profondément ancrés dans les mentalités.
  • Ces stéréotypes et des préjugés associent à tort «  famille, soin, tâches domestiques » aux femmes et « force, technique, responsabilité » aux hommes.
  • Ils semblent se renforcer ces dernières années.
  • Ils influencent :
  • les choix d'orientation scolaire ;
  • les choix de carrière ;
  • la répartition des tâches dans le couple ;
  • le fonctionnement de notre société, avec une sous-valorisation des métiers majoritairement exercés par des femmes et une organisation de la parentalité reposant encore largement sur elles.

Les femmes peuvent être victimes de violences sexistes et sexuelles

  • En 2023, 277 000 femmes majeures sont victimes de viol, tentative de viol ou agression sexuelle.
  • En 2024, 107 femmes sont assassinées par leur partenaire ou ex-partenaire.

La société civile s’engage pour dénoncer et réduire ces inégalités

Une longue marche menée par des personnalités marquantes

  • Au siècle des Lumières, des philosophes dénoncent déjà ces inégalités (ex. : Voltaire dans son pamphlet Femmes, soyez soumises, Choderlos de Laclos dans De l'éducation des femmes).
  • En 1791, Olympe de Gouges rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (le texte est affiché à l'Assemblée nationale, mais n'a aucune valeur juridique). Elle inspire de nombreuses générations de défenseuses et de défenseurs de l'égalité entre les genres.
  • En 1881, Hubertine Auclert fonde le journal La Citoyenne pour soutenir son combat acharné en faveur du droit de vote pour les femmes. C'est une suffragette avant l'heure et une figure emblématique de la lutte pour les droits des femmes.
  • Dans la même période, au tout début du XXe siècle, naît le mouvement des suffragettes au Royaume-Uni.
  • En France, l'Union française pour le suffrage des femmes naît en 1909.
  • Le droit de vote sera finalement accordé aux femmes françaises en 1944.
  • Le livre de Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, publié en 1949, devient une référence pour les mouvements féministes. Elle y invite les femmes à s'affranchir des codes de la société conservatrice.

Des associations féministes au cœur du combat pour l’égalité des droits

  • La création du Planning familial en 1960 marque une étape décisive pour les droits des femmes. Ce réseau d’associations leur donne accès :
  • à une maîtrise de leur vie reproductive, par l'information et l'accompagnement dans l'accès à la contraception ;
  • à un lieu d’écoute pour celles qui sont victimes de violences.
  • Aujourd'hui, le Planning familial poursuit ces missions, en s’élargissant à toutes les sexualités et toutes les problématiques de santé sexuelle (prévention des maladies sexuellement transmissibles, dépistage, avortement, etc.).
  • À la fin des années 1960, le mouvement féministe se renforce.
  • le MLF (Mouvement de libération des femmes) est créé ;
  • la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) portée par Simone Veil et permettant aux femmes d’avorter légalement est votée en 1975 ;
  • le 8 mars devient la journée internationale des droits des femmes.
  • Depuis, de nombreuses associations et mouvements féministes ont vu le jour (ex. : Osez le féminisme, Ni putes ni soumises, Femen, « gilets roses »…).

Le mouvement #MeToo favorise une prise de conscience à l’échelle mondiale

  • En 2017, en déclenchant le mouvement #MeToo, l’affaire Harvey Weinstein a favorisé une libération de la parole des femmes et une prise de conscience à l’échelle internationale de la nécessité d’œuvrer en faveur d’une plus grande égalité et d’un plus grand respect entre les genres.
  • En France, le mouvement #BalanceTonPorc a fonctionné de manière comparable, permettant d’élargir le débat au-delà d’une médiatisation ponctuelle des violences morales et physiques faites aux femmes.
  • En 2020, l'affaire dite « des viols de Mazan » est venue renforcer la mobilisation pour le consentement et la lutte contres les violences faites aux femmes. La victime principale, Gisèle Pelicot, devient un symbole mondial de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et pour la justice en matière de crimes sexistes.

Les pouvoirs publics mènent des actions en faveur de l’égalité femmes-hommes

La marche vers l’égalité des droits

  • L'accès des femmes françaises au droit de vote, en 1944, est tardif en comparaison d'autres pays européens (les femmes allemandes et anglo-saxonnes l'obtiennent en 1918).
  • Elles conquièrent de nouveaux droits dans les années 60-70 :
  • le droit à la contraception ;
  • le droit de travailler et d'ouvrir un compte bancaire sans l'autorisation du mari ;
  • le droit à l’avortement ;
  • le droit à une rémunération égale à celle des hommes.

Des réformes et une volonté d’agir qui s’accélèrent depuis une vingtaine d’années

  • Au tout début du XXI siècle, la pression croissante de l’opinion publique et du monde associatif a contribué à accélérer le rythme des réformes.
  • En 2000, la loi sur la parité oblige les partis politiques, sous peine d’amendes, à garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux élections.
  • En 2008, l’article 1er de la Constitution de la Ve République est modifié, stipulant désormais que « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. »

L’égalité femmes-hommes, grande cause du quinquennat Macron

  • Emmanuel Macron fait de l’égalité femmes-hommes la « grande cause » de ses deux quinquennats.
  • La loi du 3 août 2018 a créé l’infraction d’outrage sexiste.
  • $\rightarrow$Ce sont des paroles, gestes ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste, humiliants ou dégradants, visant une personne en raison de son genre.
  • En tant qu’infraction, c’est un acte interdit par la loi qui peut être puni par la justice.
  • Depuis lors, le nombre de ces infractions enregistrées par la police et la gendarmerie n'a cessé d'augmenter.
  • Cela ne signifie pas nécessairement que ces actes sont en forte augmentation. Cela atteste plutôt d’une plus grande libération de la parole, premier pas indispensable à la reconstruction des victimes.
  • Pour dépasser les représentations genrées des métiers, plusieurs campagnes ont été menées par les services de l’État :
  • la campagne de 2021 « Non, les métiers n’ont pas de genre », pour montrer que tous les métiers sont accessibles aux femmes ;
  • la campagne de 2023 « On a toutes une tête à travailler dans la tech » pour inciter les femmes à aller vers les métiers du numérique, dans lesquels elles sont peu représentées.
  • L'État a mis en place des outils d'aide et de protection des victimes de violence :
  • une plateforme numérique d'accompagnement des victimes de violences sexuelles, sexistes ou conjugales qui propose un chat accessible 24 h/24, 7 j/7 pour dialoguer avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour ce type d'infraction $\rightarrow$ils peuvent déclencher des interventions, aider dans les démarches et orienter la victime s'il y a volonté de déposer plainte ;
  • le 39 19, une ligne d’écoute gratuite destinée aux femmes victimes de violences ;
  • En cas de danger ou pour signaler une agression, il est important d’appeler au plus vite le 17.
  • Des mesures plus contraignantes sont parfois demandées aux pouvoirs publics :
  • la parité dans les instances de décision ;
  • plus de places en crèche ;
  • un renforcement des actions contre les violences…
  • Conclusion : les inégalités de droit diminuent mais il reste du chemin à faire pour arriver à l'égalité réelle (but du féminisme).